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Dans la cour intérieure, au-dessus de la porte monumentale, deux médaillons se font face encadrant une marque qualifiée longtemps de « mystérieuse ». Une marque correspond aux sceaux qu'utilisaient les marchands et d'autres métiers tels que les imprimeurs, pour leurs courriers et pour distinguer les marchandises entre elles. Le testament de Pedro Sacaze fait mention d'un sceau.
La sculpture représente un homme et une femme de profil en vis-à-vis . L’homme aux cheveux mi-longs, soigneusement coiffés, est représenté dans une guirlande enrubannée ; la femme, dans une guirlande décorée d’anneaux et de feuillages, est coiffée d’un foulard laissant apparaître quelques mèches de cheveux.
L'homme porte une chemise dont le col est orné de dentelle ainsi qu’un manteau, dont on aperçoit une partie du col. Les traits sont affirmés et le regard profond.
Le portrait de la femme qui lui fait face est malheureusement abîmé sur le haut du front. Elle porte une coiffure que l’on trouve communément dans la bourgeoisie et la noblesse du XVIe siècle : un voile cache le haut du crâne et une partie de la chevelure est laissée libre. Il s’agit d’une coiffure assez simple. Par contre, elle arbore une chaîne de cou dont les anneaux sont parfaitement dessinés. On distingue également sa chemise et la partie supérieure de sa robe. Cette partie de la sculpture est réalisée de face, peut-être pour mieux représenter l’ouverture du col de la robe, vraisemblablement ourlé d’un autre type de tissu. Le médaillon semble être fait de végétaux stylisés organisés autour de 9 perles ou anneaux. Les feuillages rappellent des formes zoomorphes.
Ce type de portrait ainsi que les coiffes et vêtements portés permettent de penser à la bourgeoisie de la première moitié du XVIe siècle. Des comparaisons sont possibles avec nombre de portraits en médaillons de cette époque que l'on trouve généralement à proximité des fenêtres ou sur les façades d'escalier (par exemple au château de Pau, dans les hôtels toulousains ou encore à Nérac ou Cahors pour les plus proches). Il s'agit souvent de personnages mythologiques.
La marque est composée d'une grande croix centrale à laquelle on a rajouté des degrés (c'est à dire des lignes horizontales), une croix patée et le chiffre 4 (en réalité il s'agit d'une croix assortie d'une diagonale). Dans le lobe du bas, on peut lire un A avec un M pris dans le bas du A (Avé Maria). Il est possible qu'il y ait eut également les initiales du marchand, peut-être bûchées pendant les guerres de religion (traces sur la pierre). Ce type de marque se retrouve beaucoup chez les marchands toulousains et nous avons également un exemple répertorié en Vallée d'Ossau en 1538.
L'étude de ces médaillons et de la marque permet de penser à une datation de la première moitié du XVIe s ou du milieu du XVIe s. et à Pedro Sacaze.